devenir art therapeute

Devenir art thérapeute : les questions à se poser avant de se lancer

Qui, un jour, n’a pas rêvé de concilier créativité et accompagnement humain ? Devenir art thérapeute, c’est choisir d’ouvrir un atelier sur l’intime, d’aider l’autre à mieux se connaître ou à se réparer grâce à l’Art. Mais comment devenir art thérapeute en France ? Entre les formations, la multitude de voies et la question du diplôme, pas toujours simple de s’y retrouver. Démêlons ensemble les fils de cette passionnante reconversion – ou du moins, posons les bonnes questions avant de sauter le pas.



Comment pratiquer : libéral ou institution ?

Première question, et elle est de taille : où vous voyez-vous exercer dans cinq ans ? Dans votre propre cabinet, face à face avec vos patients, ou plutôt intégré dans une équipe hospitalière, en EHPAD ou en centre spécialisé ?

Ce choix n’a rien d’anodin. Il va conditionner tout votre parcours de formation.

L’exercice en cabinet privé

En libéral, vous êtes votre propre patron. Vous choisissez vos horaires, vos tarifs, votre approche thérapeutique. Cette liberté a un prix : la gestion administrative, la prospection de clientèle, l’incertitude des revenus les premiers mois. Mais quelle satisfaction de construire sa pratique de A à Z !

Marie, art-thérapeute installée près de Lyon, me confiait récemment : “Les six premiers mois ont été difficiles financièrement, mais aujourd’hui je ne changerais pour rien au monde. Chaque séance est unique, je peux vraiment adapter mon approche à chaque personne.”

L’exercice en institution

Travailler en institution, c’est l’assurance d’un cadre structuré et d’une rémunération régulière. Vous intégrez des équipes pluridisciplinaires, participez à des projets collectifs, bénéficiez de formations continues. L’inconvénient ? Moins de liberté dans vos choix thérapeutiques et parfois des contraintes administratives plus lourdes.

Les hôpitaux, centres de rééducation et EHPAD recrutent activement des art-thérapeutes qualifiés. Mais attention : ces établissements privilégient massivement les candidats issus de formations reconnues officiellement.


Quelle cible vous touche ?

Voici une question que beaucoup négligent, et c’est dommage. Car travailler avec des enfants hyperactifs n’a rien à voir avec accompagner des seniors en perte d’autonomie ou des femmes victimes de violences.

L’importance de l’alignement personnel

Creusez un peu dans votre histoire personnelle. Qu’est-ce qui vous émeut vraiment ? Vers quelles causes êtes-vous naturellement attiré ? Cette introspection n’est pas du temps perdu, bien au contraire.

Thomas, qui accompagne aujourd’hui des adolescents en décrochage scolaire, raconte : “J’ai mis du temps à réaliser que mon propre parcours chaotique d’ado m’avait sensibilisé à cette problématique. Maintenant, quand je vois leurs regards s’illuminer pendant nos ateliers, je sais que je suis à ma place.”

Des publics, des approches différentes

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  • Enfants et adolescents : demandent dynamisme, créativité et une bonne dose de patience
  • Personnes âgées : privilégient souvent les techniques douces, la reminiscence, le lien social
  • Patients en psychiatrie : nécessitent une formation solide en psychopathologie
  • Victimes de traumatismes : exigent une approche délicate et une formation spécifique

Vous n’êtes pas obligé de choisir dès maintenant, mais avoir une première intuition vous aidera à orienter votre formation.


Quel média choisir ?

Peinture, modelage, collage théâtre, danse, musique… L’art-thérapie offre une palette impressionnante de possibilités. Mais comment savoir lequel vous correspond ?

Testez votre affinité naturelle

Observez-vous honnêtement. Quand vous avez besoin de décompresser, vers quoi vous tournez-vous spontanément ? La musique ? Le dessin ? La cuisine créative ? Votre corps vous donne souvent des indices précieux.

Au Québec, chaque média constitue une spécialité à part entière. On parle de musicothérapie, dramathérapie, danse-thérapie… Chaque praticien se forme dans une discipline spécifique et s’y tient. En France, l’approche reste plus généraliste. Beaucoup d’écoles proposent une formation multi-média, permettant d’explorer différentes techniques avant de se spécialiser éventuellement.

Attention aux exigences des écoles

Certaines formations demandent une spécialisation dès la première année. D’autres laissent le temps de la découverte. Renseignez-vous bien sur ce point avant de faire votre choix, surtout si vous hésitez encore entre plusieurs médias.


Quelle formation choisir ?

Voici le cœur du sujet. Comment devenir art thérapeute de manière reconnue et crédible ? La réponse dépend largement de vos ambitions professionnelles.

Le parcours officiel “reconnu”

Pour exercer de manière reconnue, le parcours classique passe par une formation de trois ans minimum, idéalement reconnue par la SFAT (Syndicat Français de l’Art-Thérapie) et certifiée RNCP.

Première étape : médiateur artistique (2 ans)
Vous apprenez à animer des ateliers d’expression, principalement en groupe. C’est déjà un métier à part entière, très recherché dans les institutions.

Deuxième étape : art-thérapeute (3ème année)
Vous accédez à la psychothérapie par l’art, avec la possibilité d’accompagner individuellement vos patients dans un véritable travail thérapeutique.

Présentiel ou à distance ?

La question divise. Les formations en présentiel offrent une richesse d’échanges et une pratique immédiate difficile à remplacer. Mais les formations à distance séduisent par leur flexibilité, notamment pour les personnes en reconversion.

Julie, infirmière en Bretagne, témoigne : “Avec mes horaires d’hôpital, impossible de suivre des cours en présentiel à Paris. La formation à distance m’a permis de me former à mon rythme, même si j’ai dû être très disciplinée.”

Le cas particulier : devenir art thérapeute sans diplôme

Techniquement, rien n’interdit d’exercer sans diplôme spécifique. Mais dans les faits, c’est une voie semée d’embûches. Les institutions publiques recrutent quasi exclusivement des profils certifiés. En libéral, votre crédibilité dépendra largement de votre formation.


Comment choisir son école d’art-thérapie ?

Avec la multiplication des offres de formation, comment s’y retrouver ? Voici une méthode éprouvée pour faire le bon choix.

1. Rechercher une formation en ligne

Commencez par explorez les sites web de chaque école, leurs réseaux sociaux, leurs témoignages d’anciens élèves. Vous vez aussi demander à la SFAT pour un coup de main qui dispose probablement d’une liste d’école sérieuse.

2. Le contact direct

N’hésitez pas à décrocher votre téléphone. Demandez un entretien avec le responsable pédagogique. Cette conversation vous en dira long sur l’esprit de l’école et votre compatibilité avec l’équipe.

Les témoignages sur LinkedIn

LinkedIn regorge d’art-thérapeutes diplômés prêts à partager leur expérience. Contactez-les, posez-leur des questions concrètes sur leur formation. Était-elle conforme à leurs attentes ? Le programme était-il complet ? Se sentaient-ils prêts à exercer à la fin ?

Faire confiance à son intuition

Au-delà des critères objectifs, écoutez vos ressentis. Une école peut être parfaite sur le papier et ne pas vous convenir personnellement. À l’inverse, un établissement moins réputé peut s’avérer être le bon choix pour vous.

Attention aux fausses promesses

Le marché de la formation en art-thérapie attire malheureusement son lot d’opportunistes. Ces dernières années, on voit fleurir des formations “express” promettant de vous transformer en art-thérapeute en quelques week-ends.

Les formations courtes : pour qui ?

Ces modules de 20 ou 40 heures peuvent avoir leur utilité, mais dans un cadre bien précis :

  • Pour les professionnels de santé qui souhaitent découvrir l’art-thérapie et l’intégrer occasionnellement à leur pratique
  • Pour une découverte personnelle de ces techniques, sans visée professionnelle
  • Comme complément à une formation longue, pour se spécialiser sur un point particulier

Ce qu’elles ne peuvent pas faire

En revanche, ces formations courtes ne peuvent en aucun cas vous préparer à exercer comme art-thérapeute. Comment apprendre un métier aussi complexe, mêlant psychologie, techniques artistiques et relation thérapeutique, en si peu de temps ?

Comme le dit justement un formateur expérimenté : “On ne devient pas charpentier en 20 heures, pourquoi deviendrait-on art-thérapeute en 20 heures ?”

Les signaux d’alarme

outil art therapeute

Méfiez-vous des formations qui :

  • Promettent un “diplôme” en quelques jours
  • Garantissent des revenus mirobolants
  • Ne mentionnent aucune supervision ou stage pratique
  • Coûtent anormalement cher pour la durée proposée

Comment faire le bon choix ?

Devenir art thérapeute demande du temps, de l’investissement et une réflexion approfondie. Mais quelle belle aventure vous attend ! Prenez le temps de vous poser les bonnes questions. Testez votre motivation en participant à des ateliers d’art-thérapie comme participant. Rencontrez des professionnels en exercice. Explorez différentes approches artistiques.

Votre parcours sera unique, à l’image de votre personnalité et de votre histoire. L’art-thérapie a besoin de praticiens authentiques, formés sérieusement, qui portent cette belle mission d’accompagnement par la créativité. Alors, êtes-vous prêt à franchir le pas ? Votre nouvelle vie professionnelle vous attend peut-être au bout de ce chemin créatif et humain.

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